Dans l’entretien qu’il a accordé à TV5-Monde (« Et si vous me dites toute la vérité ») diffusé le 17 Décembre 2006, le Président du CMJD, chef de l’Etat, le Colonel Ely Ould Mohamed Vall avait, une fois de plus, fait étalage de ses ambitions (qu’il appelle certitudes) pour la Mauritanie.
Le Colonel-Président a reconnu que les évènements de 1989 sont la conséquence d’une mauvaise solution appliquée à l’époque à un problème politique. C’est une avancée significative de la part d’un homme que cette question irritait au plus haut degré. La résolution de ce problème en cette période de transition, selon lui, aurait fait l’objet de marchandages politiques et de propagandes purement électoralistes. Soit, mais sa non résolution en a fait un tabou et l’omerta observé à ce sujet par le CMJD est un signal fort adressé au futur président de la République.
Le Colonel-Président a insisté sur le fait qu’il appartient aux Mauritaniens de résoudre leurs problèmes, loin de tout mimétisme et de toute influence extérieure, suivant leurs valeurs socio-culturelles. C’est une conception qui ne peut qu’engendrer des conséquences dramatiques. C’est présentement la thèse du soudanais Albachir qui se livre à une politique minutieuse d’extermination et qui se cache derrière sa souveraineté nationale pour justifier le génocide de ses concitoyens par ses milices.
C’est aussi l’argument de tous les dictateurs de la planète. Au nom de la souveraineté nationale et de la raison d’Etat on tente de normaliser l’anormal, de verser du sang et de s’en glorifier.
Les tristes évènements de 1989 constituent un drame humain auquel il faut apporter une solution humaine. Peu importe d’où provient cette solution. Peu importe aussi qu’elle ait été appliquée ailleurs. La Mauritanie est une partie d’un ensemble planétaire, elle ne pourra pas vivre en vase clos suivant des valeurs anachroniques ; elle n’est pas un électron libre. Il n’y a donc pas qu’une solution spécifiquement mauritanienne aux problèmes mauritaniens.
Sur ce plan, le Colonel-Président doit se rendre compte de la non consistance de cet argument puisque nous avons déjà mimé les autres pour sortir de l’impasse. La démocratie a été concédée sous la pression de la communauté internationale (notamment le discours de la Baule), c’est un mimétisme.
Le bulletin unique a été introduit chez nous suivant une expérience d’un pays étranger avec lequel nous avons, soutient-on, des similitudes, c’est un mimétisme. Pourquoi pas une commission « Vérité et Réconciliation » qui a porté ses fruits en Afrique du Sud et qui concernait une situation similaire aux évènements de 1989 ? Pourquoi chercher l’originalité là où la conformité est appropriée et prometteuse ?
« Il n’y a pas un problème de cohabitation entre les composantes nationales de ce pays » a plaidé le Colonel-Président, invitant même la journaliste à faire un tour dans la ville pour s’en rendre compte. Il sait que l’épais mur qui sépare les Mauritaniens a été érigé de sorte qu’il soit invisible aux étrangers. Il n’y a pas, il est vrai, d’apartheid en Mauritanie mais le terrain est propice à son éclosion. Pourquoi ? Parce que les extrémistes de tous bords (qu’ils soient arabes ou négro-africains) tirent sur des cordes fragiles.
Au sommet de l’Etat l’attitude observée est ambiguë. L’impression qui se dégage est la volonté de tolérer les uns en punissant les autres. Cette attitude de deux poids deux mesures mènera un jour au chaos.
Entre les deux extrêmes, des citoyens dignes de respect et qui croient profondément en une Mauritanie unie et harmonieuse. Mais leurs voix se perdent dans cet îlot de brouhaha sectariste où chacun se complait dans ses certitudes idéologiques désastreuses.
Tant que les rapports entre les différentes composantes seront inscrits dans un cadre de domination de l’une sur les autres, nous serons toujours assis sur un volcan. Une seule solution pour éviter tout éventuel dérapage : instituer un véritable Etat de droit où tous les citoyens bénéficieront de leurs droits et où le népotisme, la corruption, l’impunité, les actes à connotation raciste seront sévèrement punis sans complaisance.
Il ne sert à rien de médiatiser des idées et des principes nobles rien que pour embellir son image et de tenir, en coulisses, des discours divisionnistes. C’est là le comportement de tous ceux qui ont juré intimement (qu’ils soient au sein du CMJD, de la classe politique ou parmi les citoyens) de maintenir la Mauritanie dans l’anarchie.
"Yassa Diawara" <yassa6590004@yahoo.fr
flamnet
Le Colonel-Président a reconnu que les évènements de 1989 sont la conséquence d’une mauvaise solution appliquée à l’époque à un problème politique. C’est une avancée significative de la part d’un homme que cette question irritait au plus haut degré. La résolution de ce problème en cette période de transition, selon lui, aurait fait l’objet de marchandages politiques et de propagandes purement électoralistes. Soit, mais sa non résolution en a fait un tabou et l’omerta observé à ce sujet par le CMJD est un signal fort adressé au futur président de la République.
Le Colonel-Président a insisté sur le fait qu’il appartient aux Mauritaniens de résoudre leurs problèmes, loin de tout mimétisme et de toute influence extérieure, suivant leurs valeurs socio-culturelles. C’est une conception qui ne peut qu’engendrer des conséquences dramatiques. C’est présentement la thèse du soudanais Albachir qui se livre à une politique minutieuse d’extermination et qui se cache derrière sa souveraineté nationale pour justifier le génocide de ses concitoyens par ses milices.
C’est aussi l’argument de tous les dictateurs de la planète. Au nom de la souveraineté nationale et de la raison d’Etat on tente de normaliser l’anormal, de verser du sang et de s’en glorifier.
Les tristes évènements de 1989 constituent un drame humain auquel il faut apporter une solution humaine. Peu importe d’où provient cette solution. Peu importe aussi qu’elle ait été appliquée ailleurs. La Mauritanie est une partie d’un ensemble planétaire, elle ne pourra pas vivre en vase clos suivant des valeurs anachroniques ; elle n’est pas un électron libre. Il n’y a donc pas qu’une solution spécifiquement mauritanienne aux problèmes mauritaniens.
Sur ce plan, le Colonel-Président doit se rendre compte de la non consistance de cet argument puisque nous avons déjà mimé les autres pour sortir de l’impasse. La démocratie a été concédée sous la pression de la communauté internationale (notamment le discours de la Baule), c’est un mimétisme.
Le bulletin unique a été introduit chez nous suivant une expérience d’un pays étranger avec lequel nous avons, soutient-on, des similitudes, c’est un mimétisme. Pourquoi pas une commission « Vérité et Réconciliation » qui a porté ses fruits en Afrique du Sud et qui concernait une situation similaire aux évènements de 1989 ? Pourquoi chercher l’originalité là où la conformité est appropriée et prometteuse ?
« Il n’y a pas un problème de cohabitation entre les composantes nationales de ce pays » a plaidé le Colonel-Président, invitant même la journaliste à faire un tour dans la ville pour s’en rendre compte. Il sait que l’épais mur qui sépare les Mauritaniens a été érigé de sorte qu’il soit invisible aux étrangers. Il n’y a pas, il est vrai, d’apartheid en Mauritanie mais le terrain est propice à son éclosion. Pourquoi ? Parce que les extrémistes de tous bords (qu’ils soient arabes ou négro-africains) tirent sur des cordes fragiles.
Au sommet de l’Etat l’attitude observée est ambiguë. L’impression qui se dégage est la volonté de tolérer les uns en punissant les autres. Cette attitude de deux poids deux mesures mènera un jour au chaos.
Entre les deux extrêmes, des citoyens dignes de respect et qui croient profondément en une Mauritanie unie et harmonieuse. Mais leurs voix se perdent dans cet îlot de brouhaha sectariste où chacun se complait dans ses certitudes idéologiques désastreuses.
Tant que les rapports entre les différentes composantes seront inscrits dans un cadre de domination de l’une sur les autres, nous serons toujours assis sur un volcan. Une seule solution pour éviter tout éventuel dérapage : instituer un véritable Etat de droit où tous les citoyens bénéficieront de leurs droits et où le népotisme, la corruption, l’impunité, les actes à connotation raciste seront sévèrement punis sans complaisance.
Il ne sert à rien de médiatiser des idées et des principes nobles rien que pour embellir son image et de tenir, en coulisses, des discours divisionnistes. C’est là le comportement de tous ceux qui ont juré intimement (qu’ils soient au sein du CMJD, de la classe politique ou parmi les citoyens) de maintenir la Mauritanie dans l’anarchie.
"Yassa Diawara" <yassa6590004@yahoo.fr
flamnet