Al-Qaïda est parvenue par ses menaces à faire annuler le Dakar, un succès facile, sans commune mesure avec le retentissement d'un éventuel attentat sur le parcours d'une des épreuves les plus médiatisées du sport français, estiment des spécialistes interrogés par l'AFP.
Selon des sources proches des services secrets français, des interceptions d'écoutes de groupes de la mouvance d'Al-Qaïda en zone sahélienne ont révélé ces dernières semaines des projets d'attaques contre des Français sur le parcours en Mauritanie.
Les menaces visant les intérêts français deviennent de plus en plus concrètes, comme en témoigne le meurtre de quatre touristes français le 24 décembre dans ce pays, selon les mêmes sources.
Par ailleurs, dans un communiqué de revendication de l'attaque meurtrière contre une caserne de l'armée mauritanienne le 26 décembre, diffusé sur internet et attribué à la Branche d'Al-Qaïda au Maghreb, le gouvernement de Nouakchott se voit reprocher "d'assurer aux infidèles une situation favorable au +rallye+".
Le directeur du Dakar, Etienne Lavigne, a affirmé "que des communiqués d'Al-Qaïda au Maghreb citaient le Dakar". Les menaces "ne se limitaient pas à la Mauritanie, mais concernaient le rallye dans son ensemble", a révélé Joao Lagos, un des organisateurs portugais.
Selon Gérard Chaliand, spécialiste du terrorisme et de la guérilla, "une menace de ce genre est extrêmement dissuasive parce que qu'est-ce qu'on peut protéger dans le Dakar? Rien". "Autant protéger un site quelconque est extrêmement facile, autant protéger sur un itinéraire aussi long un convoi aussi disparate est absolument impossible".
"C'est une victoire très facile", remarque-t-il. Pour Al-Qaïda, "le bilan depuis le 12 septembre 2001 à l'échelle de l'Occident ce sont les attentats de Londres et Madrid, il n'y a pas de quoi pavoiser. Le résultat est plus que modeste".
"Voilà une organisation qui a été extrêmement pourchassée, elle produit ici et là des rejetons moins bien équipés qu'elle", ajoute-t-il, en référence notamment au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien, devenu il y a un an "Branche d'Al-Qaïda au Maghreb".
Le chercheur Jean-Pierre Filiu juge que "les dirigeants d'Al-Qaïda doivent probablement regretter d'avoir menacé trop tôt et donc de n'avoir pas pu perpétrer l'attentat qu'ils avaient sans doute planifié", relevant l'assassinat des quatre touristes "doublé d'un attentat contre l'armée mauritanienne".
"Leur scénario optimal", analyse M. Filiu, auteur des "Frontières du jihad", "c'était ce compte à rebours permanent où plus personne n'aurait parlé des résultats de l'épreuve mais il y aurait eu la moitié de la couverture médiatique sur +Al-Qaïda n'a pas frappé aujourd'hui mais est-ce qu'elle va réussir à frapper demain?+".
"S'il n'y a pas de passage à l'acte, Al-Qaïda a raté, tout simplement parce qu'elle vit de sa capacité à porter des coups. Elle n'existe que sur le registre du videoclip et de l'hypnotisme donc il faut en permanence qu'elle refasse l'ouverture du journal télévisé", explique-t-il. "Pour Zawahiri, 50 % du jihad, c'est le jihad médiatique".
M. Filiu considère que les dirigeants historiques d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden et Ayman al-Zawahiri, ont "donné un chèque en blanc à la direction maghrébine, en fait algérienne, pour effectuer des opérations au maximum d'impact médiatique pour compenser les coups réels et militaires très durs" portés au réseau "en Irak et en Arabie saoudite".
Selon lui, "du point de vue +d'Al-Qaïda central+ ce n'est pas un signe de force, c'est au contraire l'aveu que n'importe quel coup qui fait l'ouverture du JT est bon à prendre".
Source: TV5
(M)
Selon des sources proches des services secrets français, des interceptions d'écoutes de groupes de la mouvance d'Al-Qaïda en zone sahélienne ont révélé ces dernières semaines des projets d'attaques contre des Français sur le parcours en Mauritanie.
Les menaces visant les intérêts français deviennent de plus en plus concrètes, comme en témoigne le meurtre de quatre touristes français le 24 décembre dans ce pays, selon les mêmes sources.
Par ailleurs, dans un communiqué de revendication de l'attaque meurtrière contre une caserne de l'armée mauritanienne le 26 décembre, diffusé sur internet et attribué à la Branche d'Al-Qaïda au Maghreb, le gouvernement de Nouakchott se voit reprocher "d'assurer aux infidèles une situation favorable au +rallye+".
Le directeur du Dakar, Etienne Lavigne, a affirmé "que des communiqués d'Al-Qaïda au Maghreb citaient le Dakar". Les menaces "ne se limitaient pas à la Mauritanie, mais concernaient le rallye dans son ensemble", a révélé Joao Lagos, un des organisateurs portugais.
Selon Gérard Chaliand, spécialiste du terrorisme et de la guérilla, "une menace de ce genre est extrêmement dissuasive parce que qu'est-ce qu'on peut protéger dans le Dakar? Rien". "Autant protéger un site quelconque est extrêmement facile, autant protéger sur un itinéraire aussi long un convoi aussi disparate est absolument impossible".
"C'est une victoire très facile", remarque-t-il. Pour Al-Qaïda, "le bilan depuis le 12 septembre 2001 à l'échelle de l'Occident ce sont les attentats de Londres et Madrid, il n'y a pas de quoi pavoiser. Le résultat est plus que modeste".
"Voilà une organisation qui a été extrêmement pourchassée, elle produit ici et là des rejetons moins bien équipés qu'elle", ajoute-t-il, en référence notamment au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien, devenu il y a un an "Branche d'Al-Qaïda au Maghreb".
Le chercheur Jean-Pierre Filiu juge que "les dirigeants d'Al-Qaïda doivent probablement regretter d'avoir menacé trop tôt et donc de n'avoir pas pu perpétrer l'attentat qu'ils avaient sans doute planifié", relevant l'assassinat des quatre touristes "doublé d'un attentat contre l'armée mauritanienne".
"Leur scénario optimal", analyse M. Filiu, auteur des "Frontières du jihad", "c'était ce compte à rebours permanent où plus personne n'aurait parlé des résultats de l'épreuve mais il y aurait eu la moitié de la couverture médiatique sur +Al-Qaïda n'a pas frappé aujourd'hui mais est-ce qu'elle va réussir à frapper demain?+".
"S'il n'y a pas de passage à l'acte, Al-Qaïda a raté, tout simplement parce qu'elle vit de sa capacité à porter des coups. Elle n'existe que sur le registre du videoclip et de l'hypnotisme donc il faut en permanence qu'elle refasse l'ouverture du journal télévisé", explique-t-il. "Pour Zawahiri, 50 % du jihad, c'est le jihad médiatique".
M. Filiu considère que les dirigeants historiques d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden et Ayman al-Zawahiri, ont "donné un chèque en blanc à la direction maghrébine, en fait algérienne, pour effectuer des opérations au maximum d'impact médiatique pour compenser les coups réels et militaires très durs" portés au réseau "en Irak et en Arabie saoudite".
Selon lui, "du point de vue +d'Al-Qaïda central+ ce n'est pas un signe de force, c'est au contraire l'aveu que n'importe quel coup qui fait l'ouverture du JT est bon à prendre".
Source: TV5
(M)